Trompes_de_chasse_Romilly_4LES TROMPES DE CHASSES DE L'HCFR

(Harmonie des chemins de Fer de Romilly)

La musique de vénerie de nos jours est plus répandue que l’on ne le croit, parlez en autour de vous et vous vous apercevrez que ce genre de musique, parfois indépendant de la chasse existe et leses passionnés de trompe de chasse bien souvent réunis en groupe ne sont pas forcement connus.

C’est le cas des trompes de l’HCFR, petite formation, née la passion de quelques musiciens.

Cet ensemble est unique au sein de l’UAICF et commence à être connu dans sa région d’origine.

Le texte suivant relate l’historique des « trompes de chasse de l’HCFR » et explique les principes de la trompe et de la vénerie.

L'histoire de cet ensemble musical passe par différentes périodes au cours desquelles les musiciens découvrent la musique de vénerie, la trompe de chasse et l'univers de la chasse à courre.

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L'histoire de cet ensemble musical passe par différentes périodes au cours desquelles les musiciens découvrent la musique de vénerie, la trompe de chasse et l'univers de la chasse à courre.


HCFR_2Au début de l'aventure, en 2002, nous nous sommes retrouvés à trois musiciens de l'HCFR, attirés par la musique de vénerie :Francis Bernard,  Jean Luc Fessard et moi-même.

Inutile de préciser que la musique d'harmonie n'a absolument rien à voir avec la trompe de chasse.

Néanmoins, faute de trompes, les cors de chasse de la batterie fanfare furent donc utilisés.

Francis Bernard maîtrisant le solfège pris naturellement la direction musicale du groupe. Il est à noter que JL  Fessard sonnait déjà (on sonne dans une trompe de chasse) avec un ensemble de trompes et connaît donc les bases de la musique de vénerie.

Les débuts furent laborieux, l’instrument n’est pas facile. Quelques sorties émaillèrent cette année là ; gare de l'est, fête à Romilly…


- En 2003, le trio fait des émules et trois autres musiciens de l'harmonie les rejoignent: Florence Labi, Julien Lallemand, Guillaume Bernard.

Le groupe s'appelle "les cors de chasse de l'HCFR". La progression est rapide et les sonneurs se produisent en diverses occasions pour les concerts de l'HCFR, pour la ville de Romilly…

- En 2004, cette année fut une année charnière. Le besoin se fait sentir de jouer avec les instruments adaptés à la musique de vénerie : la trompe de chasse.

Deux musiciens ont leur instrument personnel. Le coût d'une trompe de chasse étant hors de portée des jeunes, il a fallu trouver le financement de quatre trompes.

C'est par une subvention exceptionnelle du CER de Paris-est et de l'HCFR épaulée par l'UAICF que le problème fut résolu.

Le groupe prend alors le nom de "les trompes de chasse de l'HCFR". Les demandes de prestations s'enchaînent, outre les sorties avec l'HCFR, le groupe est demandé pour diverses occasions; mariages, fête des associations du CER, fêtes communales, brocantes…

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- L'année 2005 est la continuité de 2004. Pour fortifier son identité, "les trompes de chasse de l'HCFR" investissent dans l'achat d'une tenue particulière; gilet vert et nœud pap noir.

La progression dans la musique de vénerie est rapide, quelques sonneurs participent à des stages de formation prodigués par des "pros". Cette formation est bien évidement répercuté vers les autres sonneurs. Le groupe est maintenant très demandé en particulier par des sociétés de chasse.

- En 2006, Francis Bernard s'inscrit  à la FITF (Fédération Internationale des Trompes de France) afin de se tenir informé des nouveautés en matière de vénerie et prend des cours dans une formation de trompes locale. Cette formation est répercutée au groupe.


HCFR_4- 2007

Année néfaste pour l'ensemble de trompes puisque Francis nous quitte victime d'un arrêt cardiaque. Il laisse un groupe désemparé, étêté, exsangues.

Jean Luc Fessard bien introduit dans le monde de la chasse et des sonneurs et afin de pérenniser le groupe contacte un sonneur confirmé de ses amis. Il s'agit de René Duciel, sonneur de première catégorie, joue dans différents rallyes. Il est excellent professeur d'une grande patience.

Le groupe se voit renforcé par un sonneur de Culmont Chalindrey, André Billot  qui effectue le déplacement jusqu'à Romilly pour venir aux répétitions. Les demandes de sorties sont nombreuses.

Changement de tenue, les trompes de Romilly investissent et s’équipent en tenue de vénerie : bottes et pantalon de cheval, chemise et lavallière.


- 2008

Malheureusement, pour différentes causes études, horaires de travail, éloignement. Nous perdons quatre musiciens. Les prestations, moins nombreuses, s’enchaînent néanmoins.

HCFR_5- 2009

« Les trompes de l’HCFR » répètent maintenant avec 5 sonneurs, transfuges d’une autre association. Jean Michel, Jean Yves, Hervé, p’tit Laurent.

Bien que certains soient cheminots, ils ne désirent malheureusement pas, rejoindre notre association Ce qui n’altère en rien la qualité musicale et la bonne ambiance au sein du groupe.

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La pratique de  la trompe de chasse est une philosophie dans laquelle la connaissance des us et coutumes de la chasse à courre est indispensable. En effet, le rythme des sonneries est déterminé par le galop du cheval et la vitesse d'interprétation par l'identité de l'animal que l'on suit.

Dans  la suite de cet article, vous trouverez quelques informations sur la trompe et la vénerie


LA TROMPE DE CHASSE

La trompe de chasse est un instrument typiquement français.

La pratique de la trompe de chasse est maintenue par tous les veneurs, mais aussi par des artistes qui savent la porter à la perfection.

Les premières fanfares de chasse remontent à 1723 ou le marquis de Dampierre écrivit les premières des 4000 fanfares qui constituent aujourd’hui un patrimoine musical exceptionnel.

Trompe ou cor ?

- Le cor de chasse est utilisé  en batterie fanfare ou en musique militaire, il est accordé en mi bémol et comporte une coulisse d’accord pour modifier la tonalité.

- La trompe de chasse est accordée en ré et est utilisée pour la chasse à courre ou en groupe de trompes ou autres instruments jouant dans la même tonalité.

La trompe, retour en arrière

- Au moyen age

Avant de se servir d’un instrument pour exciter les chiens ou communiquer avec ses compagnons de chasse, l’homme se servait de sa voix.

Des cris, appels plus ou moins scandés ou modulés ont constitué la première musique de chasse. Il y avait aussi le cor en terre cuite, en corne d’animal ou en ivoire servant à corner la guerre ou la menée à la chasse et dans les châteaux le jour, l’eau, le réveil.

Les variations de l’instrument n’étaient que de 1 voir 2 tons scandés de façons différentes selon les circonstances (courtes ou longues (ton grêle ou gros ton). Le répertoire était limité.

Sous Louis XIV

Trompe_de_ChasseSous Louis XIV fut créé le cor ou la trompe (les deux termes étaient employés). C’était un cor circulaire de 2,27m de longueur déployée enroulé sur 1 tour et demi de diamètre de 0.48m et qui sonnait en ut.

L’extrémité du premier tube se terminait par un manchon dans lequel s’encastrait une branche d’embouchure mobile à laquelle est soudée une embouchure.

Elle était fabriquée en alliage : 1% de plomb, 49% de zinc, 50% de cuivre. Cet alliage est toujours utilisé de nos jours.

Sous Louis XV

Marquis_de_DampierrueEn 1723, le Marquis de Dampierre, gentilhomme des menus plaisirs du roi Louis XV créa le premier modèle de trompe en ré.

Elle mesurait 4,05m de long et un diamètre de 0,72m, son pavillon avait un diamètre de 15cm. Très embarrassante à tenir vu son énorme diamètre elle fut rapidement remplacée.

Le second modèle est celui de 1729 de 4,545m enroulée sur deux tours et demi et un pavillon de 0,60m.

Elle a été fabriquée par Monsieur Lebrun, fournisseur du Roi, à l’occasion de la naissance du Dauphin. Elle prit pour nom « la Dauphine ».Ce modèle a été utilisé jusqu’en 1814. Il reçu la dénomination de « trompe Dampierre ».

Trompe_de_Chasse_2Cette trompe était enroulée à 2 tours et demi en raison des hautes coiffes de l’époque. Elle a été utilisée jusqu’en 1818 puis fut enroulée à 3 tours et demi la mode étant passée par là (chapeaux plus petits).

C’est une commande du Duc d’Orléans de 40 trompes à  messieurs CRETIN et RAOUX qui donnèrent son nom à cette trompe : « la trompe d’ORLÉANS ». Le pavillon à été perfectionné pour une meilleur diffusion du son par un ouvrier nommé Périnet (1855).

C'est cet instrument que nous utilisons actuellement. On pense que la couleur noire de l’intérieur du pavillon a été instaurée pour rendre honneur à la mémoire du Marquis de Dampierre.


EmbouchureL’embouchure

D’abord fixée à la branche d’embouchure sous Louis XIV, elle devient ensuite mobile, le métal utilisé pour sa fabrication est l’argent ou le bronze, mais on en trouve maintenant en bois ou en résine. Il faut attendre 1830 pour trouver 3 tailles différentes d’embouchure.

LA VENERIE

Le terme vénerie désigne l’activité de la chasse à courre. Il vient du latin « vénari » qui signifie chasser. On appelle grande vénerie pour une meute chassant le cerf, le daim, le sanglier…

La petite vénerie concerne le lièvre, le renard, le blaireau…

L’équipage désigne l’entité disposant d’un territoire de chasse et d’une meute de chiens courants et d’un certain nombre de veneurs. Les membres d’un équipage sont appelés « boutons ».


VenerieLa vénerie  ou « chasse à courre » est un mode de chasse ancestral qui consiste à poursuivre un animal sauvage avec une meute de chiens, jusqu’à sa prise éventuelle.

Dans ce genre de chasse, seuls les chiens chassent grâce à leurs odorat et leur instinct naturel.

Le rôle de l’homme consiste à les suivre, éventuellement les exciter ou les remettre sur la voie il ne peut pas se substituer à eux.

Au cours d’une journée de chasse, un équipage chasse en principe un animal et un seul. Cet animal étant sur son terrain dispose de très nombreux moyens de se défendre ou de brouiller les pistes, en moyenne, on lui donne 4 chances sur 5 d’en réchapper.


La chasse à cours est loin d’être, comme certains se plaisent à le dire, un massacre sanguinaire.

La vénerie utilise un langage qui lui est propre, très imagé qui n’a pas varié depuis des siècles. On en retrouve même dans le langage courrant: donner le change, sonner l’hallali, être aux abois…

Venerie_2L’action de chasse est accompagnée de sonneries de trompes (fanfares) qui permettent aux veneurs de communiquer entre eux et avec les chiens.

Les veneurs sonnent des « fanfares de circonstance » pour faire connaître les différentes péripéties de la chasse dont ils sont témoins :le « bien aller » indique que les chiens chassent en bonne voie, le « débuché » lorsque la meute change de terrain, le « bat l’eau » l’animal de chasse est dans un étang ou une rivière… 

les « fanfares d’animaux » pour indiquer l’animal sur lesquelles les chiens mènent.

A la fin de la chasse, ils sonnent des « fanfares de fantaisie » afin d’honorer un invité ou tout simplement pour la beauté de la voie de la trompe. Jadis apanage de l’aristocratie et d’une toute petite minorité, la vénerie s’est ouverte au XX ème siècle sur un public beaucoup plus vaste.LE CHIEN


Chiens_venerieUn équipage n’aurait aucune réussite si les chiens de meute n’étaient pas « créances » c'est-à-dire habitués à chasser exclusivement sur un animal donné.

Au sein d’une meute composée de 20 à 100 chiens, les soins apportés vont bien au delà de lanourriture, il faut vivre au milieu d’eux afin de créer une réelle intimité.

Dans une chasse à courre, on dit que les chiens crient, ils n’aboient pas. On n’utilise le verbe aboyer que lors de l’hallali sur pied, lorsque l’animal tient tête à la meute.

Pascal LABI, Membre de l'Harmonie des Chemins de Fer de Romilly.


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